26 janvier 2007
Eau en bouteille ou eau du robinet ?
Eau en bouteille ou eau du robinet ?
LE MONDE | 24.01.07 |

aut-il la boire en bouteille ou au robinet ? En lançant, à Paris, une campagne d'affichage agressive, la marque d'eau de source Cristaline a mis en cause la qualité de l'eau fournie aux Franciliens par le Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif).
Thème de l'attaque : "L'eau potable ne vaut pas l'eau de source", affirme Pierre Papillaud, le PDG de Cristaline. Il laisse même entendre que l'eau du robinet est à peine meilleure que les eaux usées. Les professionnels de l'eau potable ont sèchement répliqué : "Dans la plupart des cas, l'eau de source est puisée dans les mêmes nappes phréatiques que l'eau du robinet", rappelle-t-on au bureau de l'eau du ministère de la santé. Cette polémique cache une violente bataille commerciale.
"Au contraire, elle n'a jamais été aussi bonne", affirment les autorités sanitaires. Même si la qualité de l'eau qui alimente les réserves naturelles se dégrade. Dans notre pays, 70 % de l'eau potable est puisée dans les nappes souterraines, où elle est captée à partir d'une source ou bien remontée à la surface par forage. L'eau potable peut aussi provenir des rivières, comme en Ile-de-France, où la quasi-totalité de l'eau qui arrive au robinet est pompée dans la Seine, la Marne et l'Oise, puis traitée par trois usines de production d'eau potable.
L'eau du robinet est, depuis la Révolution française, un produit local géré par les communes. Le maire est responsable de l'hygiène publique et de l'information aux habitants. Mais, pour qu'une eau soit déclarée potable, elle doit répondre à des critères définis par un décret européen de décembre 2001, transposé en France fin 2003. Les contraintes sanitaires sont sévères, parfois vingt fois plus strictes que celles imposées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
UN RISQUE PROCHE DE ZÉRO
En Europe, pour être potable, l'eau doit contenir moins de 0,5 microgramme de pesticides et moins de 50 milligrammes de nitrates par litre. Ces seuils, très bas, sont parfois difficiles à maintenir dans les zones de culture et d'élevage intensifs. Il doit aussi y avoir moins de 25 microgrammes de plomb par litre (contre 50 microgrammes avant 2003). Il arrive que l'on trouve un peu de ce métal lourd dans l'eau de ville. La raison ? Le plomb se mêle à l'eau lorsque celle-ci stagne dans de vieilles canalisations d'immeubles (les conduites publiques sont exemptes de plomb). Si, depuis 1995, toute nouvelle construction doit utiliser du cuivre ou du plastique, dans les immeubles anciens, la rénovation des anciennes tuyauteries est à la charge des propriétaires. Des travaux indispensables pour atteindre le seuil de 10 microgrammes de plomb par litre, exigé par Bruxelles pour 2013.En attendant, avec 80 paramètres quotidiennement mesurés par les exploitants et les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass), "l'eau potable est le plus contrôlé des produits alimentaires", affirme-t-on à la direction générale de la santé. "Sa qualité est même parfois supérieure à certaines eaux de source", confie-t-on à la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau.
En 2000, sur les 9 653 contrôles effectués en Ile-de-France, seulement 26 ont identifié des germes. C'est peu. Grâce au chlore et aux nouvelles techniques de nanofiltration, le risque bactériologique est proche de zéro. Néanmoins, les Français se laissent toujours séduire par l'eau en bouteille, ses nouveaux emballages colorés et ses arômes à la mode. Celle-ci n'est pourtant pas forcément meilleure pour la santé.
L'eau "minérale" naturelle, qu'elle soit plate (Evian, Vittel, Contrex, Luchon...) ou gazéifiée (Perrier, Badoit...), est puisée à une source stable dans sa composition et réputée pour ses vertus thérapeutiques. Elle n'est pas traitée et est naturellement chargée en minéraux et en oligo-éléments. De ce fait, elle ne peut pas être bue par tous. Préoccupée par des publicités qui oublient souvent de le signaler, l'Académie de médecine a demandé en novembre 2006 "un meilleur étiquetage".
Les eaux "de source" (Ondine, etc.), sont, elles, nettement moins onéreuses. Normal : elles proviennent de nappes phréatiques naturellement propres à la consommation humaine, mais leur composition et leur goût sont instables. Ceux-ci varient suivant le lieu et la saison. Elles ont souvent une qualité équivalente à l'eau du robinet puisqu'elles peuvent provenir des mêmes sources souterraines. C'est par exemple le cas de Cristaline, qui, sous une même marque, regroupe les eaux de dix-sept sources différentes, dont certaines fournissent aussi l'eau courante.
Au-delà des goûts de chacun, l'eau du robinet reste, en tout cas, plus économique et plus écologique. D'un prix cent fois inférieur à celui d'une eau minérale (vendue environ 30 centimes d'euro le litre), elle est aussi moins polluante. "La moitié des 7 milliards de bouteilles vendues chaque année en France ne sont pas recyclées", déplore l'association Agir pour l'environnement. Jetées au bord des routes, elles mettront de cent à cinq cents ans à se décomposer...
Florence Amalou
Fiche pratique
Faire couler un peu d'eau avant de la boire, surtout après une longue absence.
Conserver l'eau en carafe dans le bas du réfrigérateur, pas plus de vingt-quatre heures et fermée par un film transparent (pour éviter les odeurs).
Laisser aérer la carafe une heure environ avant de consommer l'eau. Cela chassera une odeur trop forte de javel.
Laver la carafe après chaque usage.
Faire chauffer de l'eau froide pour cuire les pâtes ou préparer son thé. L'eau chaude, elle, a stagné dans le ballon.
19 janvier 2007
Un anticancéreux révolutionnaire et bon marché
Un anticancéreux révolutionnaire et bon marché
| 20Minutes.fr | 18.01.07 | 12h58
Un médicament utilisé depuis longtemps pour traiter des maladies du métabolisme s’est révélé capable de liquider plusieurs types de cellules cancéreuses humaines sans endommager les cellules normales. Cette découverte d’une équipe de chercheurs canadiens suscite beaucoup d’espoir, car cette molécule est facile à produire et n’est pas sous brevet. En traitant plusieurs cultures in vitro de cellules humaines avec du dichloroacetate (DCA), Evangelos Michelakis et ses collègues de l’Université d’Alberta à Edmonton (Canada), ont constaté que la molécule tuait les cellules cultivées à partir de tumeur au sein, au cerveau ou au poumon, et épargnait les tissus non cancéreux. In vivo, les chercheurs sont parvenus à guérir des rats cancéreux en quelques semaines en ajoutant du DCA à l’eau qu’ils buvaient. Ces résultats sont publiés cette semaine dans la revue scientifique Cancer Cell.
Le DCA exploite le fait que les cellules cancéreuses inactivent leurs mitochondries, des organites intracellulaires qui, normalement, produisent l’énergie et qui contrôlent la mort programmée de la cellule. En se débarrassant de ses mitochondries, la cellule cancéreuse devient immortelle et se met à proliférer. Le DCA agit en relançant le fonctionnement des mitochondries à l’intérieur des cellules cancéreuses, ce qui a pour effet de réactiver le processus d’autodestruction programmée. Le DCA qui était utilisé jusqu’ici pour traiter certaines maladies métaboliques rares doit maintenant être testé cliniquement sur l’homme pour valider ses propriétés anticancéreuses et s’assurer qu’il n’est pas toxique à long terme. Pour l’instant, on sait que l’ingestion de DCA peut provoquer des douleurs, des engourdissements et des problèmes digestifs.
Mauvaise nouvelle collatérale, il est peu probable qu’une firme pharmaceutique veuille financer des essais cliniques sur une molécule dont elle n’aura pas le monopole de production. Ce sera donc aux universités publiques et aux ONG de financer les prochaines étapes de développement de ce candidat médicament très prometteur mais financièrement peu rentable… |
Yaroslav Pigenet
18 janvier 2007
Le rendement energetique des biocarburants fait debat
Le rendement energetique des biocarburants fait debat, Le Monde, 10/01/07
Herve Kempf
Les biocarburants sont-ils des faux amis de l'ecologie ? C'est la question qu'a posee l'UFC (Union federale des consommateurs)-Que Choisir, en presentant, mercredi 10 janvier, un rapport tres critique sur ces carburants a base de vegetaux. Depuis 2005, le gouvernement a pris une serie de mesures qui visent a porter a 7 % en 2010 et 10 % en 2015 - contre moins de 2 % aujourd'hui - la part des biocarburants dans la consommation du secteur des transports.
Ces carburants presentent l'avantage d'emettre beaucoup moins de gaz carbonique que le petrole, tout en reduisant la dependance du pays a l'egard des importations. Cette politique devrait se traduire par la construction, d'ici a 2010, d'une vingtaine d'usines, qui assureront un debouche a plus d'un million d'hectares de cultures.
Pour l'UFC, cette demarche pose deux problemes : d'une part, le rendement energetique des biocarburants serait assez faible. De l'autre, la politique fiscale mise en place pour faire decoller le secteur se traduirait par un surcout pour le consommateur.
Sur le premier point, l'UFC relaie le debat scientifique en cours qui vise a etablir si la quantite d'energie procuree par la combustion des biocarburants est bien superieure a la quantite d'energie consommee pour produire les plantes puis transformer celles-ci. L'Agence pour la maitrise de l'energie (Ademe) a realise une etude concluant a un rendement tres favorable, tandis que l'Institut national de recherche agronomique (Inra) affirme, en utilisant une autre methode de calcul, que ce rendement est beaucoup moins avantageux.
En fait, resume l'UFC, "le biodiesel beneficie d'un bilan energetique et ecologique significativement positif, ce qui n'est pas le cas de l'ethanol". Cette analyse corrobore une etude publiee, en juillet 2006, dans PNAS, la revue de l'Academie americaine des sciences : "L'ethanol fournit 25 % d'energie en plus que celle investie dans sa production, alors que le biodiesel fournit 93 % de plus", ecrivaient des chercheurs du Minnesota
L'UFC est plus incisive encore concernant les avantages fiscaux accordes aux biocarburants. La loi de finances 2005 a institue une reduction de la taxe interieure sur les produits petroliers (TIPP) de 33 centimes par litre pour le biodiesel et de 38 centimes pour l'ethanol. Elle a egalement mis en place la taxe generale sur les activites polluantes (TGAP), qui doit inciter les petroliers a integrer des biocarburants a l'essence. Cette taxe frappe ceux qui ne respectent pas un taux progressif d'incorporation de biocarburants. Ils pourraient payer jusqu'a 4,94 centimes par litre d'essence en 2010. L'UFC estime que, s'ajoutant a l'avantage d'une moindre TIPP, le principe de la TGAP "a peu de justification".
Ce dispositif fiscal a ete elabore pour permettre aux biocarburants - qui coutent plus cher a produire que le petrole - d'etre concurrentiels sur la base d'un baril de petrole coutant une trentaine de dollars. Maintenant que le prix du baril est installe a un niveau superieur a 55 dollars, souligne l'UFC, le systeme cree une rente indue pour la filiere des biocarburants.
L'association de consommateurs estime que le dispositif se traduirait par pres de 4 milliards de surcout pour le consommateur - les bons eleves alignant leurs prix sur ceux des mauvais - et "risque d'assecher d'autres leviers d'action". Elle vise en particulier le desengagement de l'Etat du financement des transports en commun des collectivites locales.
Les professionnels ne contestent pas totalement le bien-fonde de ces critiques. "Nous avions fait faire une etude qui indiquait des bons rendements energetiques pour le biodiesel, indique Xavier Beulin, president de Sofiproteol, l'organisation de la filiere francaise de biocarburants. Mais il faudrait arriver a se mettre d'accord sur les ratios." L'UFC propose que soit organisee une "conference de consensus scientifique" pour trancher la question. Mais sa mise en cause du bioethanol intervient alors que plusieurs usines sont en chantier, ou deja construites.
Concernant l'aspect fiscal, M. Beulin rappelle que "cet avantage est necessaire au demarrage de la filiere". "Les investissements cumules jusqu'a 2010 sont de l'ordre de 2 milliards, il faut les financer, poursuit-il. Mais si le petrole reste au-dessus de 55 dollars, il est vrai qu'il faudra ajuster la fiscalite."
Les deux parties s'accordent pour juger que l'avenir est a la "deuxieme generation" de biocarburants, celle qui utilisera l'integralite de la plante pour fournir de l'energie, et non pas simplement les graines. Mais elle est encore en phase de recherche technologique, et ne devrait pas etre commercialisable avant 2010.
07 janvier 2007
GM propose un moteur hybride électricité-carburant
DETROIT (AFP) - Le premier constructeur mondial General Motors (NYSE: GM - actualité) dévoile un nouveau véhicule capable d'être propulsé, au choix, par un moteur électrique ou à explosion à l'occasion de l'ouverture dimanche du salon de l'automobile de Détroit.
C'est la réponse de l'Américain au succès des modèles "hybrides" qui se taillent un franc succès aux Etats-Unis. Sur ces véhicules, l'énergie électrique vient seulement aider le moteur au démarrage et à basse vitesse pour réduire la consommation.
La technologie de GM s'appuie sur un moteur "Volt" dont c'est à Détroit la première présentation. Il fait partie du programme "E-Flex" développé par GM pour utiliser les méthodes non polluantes de propulsion de véhicules.
Robert Lutz, le vice-président de GM chargé du développement des produits, a affirmé que le constructeur était tellement confiant dans les possibilités du Volt qu'il en avait déjà lancé le développement industriel et remis un cahier des charges aux fabricants de batteries.
"Nous faisons le pari que les batteries seront prêtes lorsque le véhicule le sera", a dit Bob Lutz.
Celles-ci sont basées sur la technologie lithium-ion et peuvent être rechargées à partir d'une simple prise électrique. Elles doivent toutefois l'être tous les 65 kilomètres, ce qui confère au véhicule un rayon d'action inférieur aux 100 à 145 kilomètres du précédent modèle tout-électrique de GM, appelé l'EV1.
Introduit sur le marché dans les années 90, l'EV1 avait séduit plusieurs centaines de conducteurs californiens avant d'être retiré du marché au grand dam des défenseurs de l'environnement.
Selon GM, une autonomie de 65 kilomètres est suffisante pour la plupart des trajets en milieu urbain. Sinon, un petit moteur à combustion classique à trois cylindres peut être enclenché pour servir de générateur et recharger les batteries. L'autonomie peut alors dépasser les 1.000 kilomètres avant de refaire le plein.
"Nous voulons aller vite", déclare Jon Lauckner, vice-président de GM pour les programmes de développement mondial, tout en ajoutant qu'il "est trop tôt pour parler de coûts".
Le moteur peut non seulement utiliser l'essence mais aussi de l'éthanol ou du bio-diesel, des carburants "verts".
GM n'est pas le seul à travailler sur le concept de moteurs unissant la combustion à un autre mode de propulsion. L'Allemand BMW a dévoilé en septembre une version de son modèle de haut de gamme série 7 capable de fonctionner alternativement avec de l'essence ou de l'hydrogène dont le seul rejet est constitué de vapeur d'eau.
D'autres constructeurs tels Toyota, Nissan et Ford travaillent également sur des voitures propulsées par des batteries. "L'élément déterminant, c'est que les gens puissent accomplir leurs déplacements quotidiens sans recourir au moteur à explosion", souligne Bob Lutz.
Selon lui, GM a été attiré par les progrès technologiques effectués dans le secteur des batteries au lithium-ion, aujourd'hui utilisées pour les téléphones portables, des outils de bricolage et des ordinateurs.
"Maintenant, nous avons besoin de moins de batteries mais elles sont aussi plus grosses", précise-t-il, ajoutant que c'est sur ce point que des progrès doivent encore être accomplis.
"Nous ne pensons pas que cela soit insurmontable", souligne-t-il, en s'appuyant sur les progrès effectués ces dix dernières années.
GM a déjà signé deux protocoles d'accord avec des groupes différents pour développer ces batteries. L'un avec une entité réunissant deux entreprises américaines et l'autre avec le groupe français Saft qui fabrique déjà des batteries au lithium-ion pour des appareils électroniques.
