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17 mai 2007

Première découverte d'une planète de "glace chaude"

Première découverte d'une planète de "glace chaude"

SAINT-LUC, Suisse (AP) - Un observatoire suisse a annoncé la découverte d'une exoplanète située à 30 années-lumière et composée principalement d'eau sous forme de "glace chaude" ultra-compressée, état physique qui n'existe pas sur Terre.

La taille et la densité de la planète ont pu être mesurées, ce qui constitue une première, selon l'Observatoire François-Xavier Bagnoud (OFXB), basé à Saint-Luc (Suisse), qui a annoncé mercredi la découverte. L'OFXB estime qu'une nouvelle étape a ainsi été franchie dans la détection des exoplanètes.

Des observations ont mis en évidence deux légères diminutions de la luminosité de l'étoile JG436, une naine rouge, autour de laquelle orbite l'astre, de la taille de Neptune. Les astronomes savent depuis 2004 que cette étoile est accompagnée d'une planète d'au moins 22 fois la masse de la Terre, selon l'OFXB.

Les passages de la planète devant l'étoile ou transits observés à Saint-Luc ont été confirmés par un observatoire israélien, puis un nouveau transit a été mesuré avec plus de précision par le télescope Euler de l'Observatoire de l'université de Genève au Chili.

La mesure de ces transits a permis à un groupe d'astronomes européens de calculer que la planète était principalement composée d'eau, avec probablement un coeur rocheux et, peut-être, une mince enveloppe d'hydrogène. "C'est une première mondiale, a déclaré Frédéric Mallmann, responsable de l'OFXB. Nous en sommes d'autant plus fiers que notre observatoire est surtout au service du grand public."

La température à la surface de la planète devrait être de plus de 300 degrés Celsius mais l'eau de l'intérieur devrait être sous forme de "glace chaude" sous l'effet de pressions extrêmes. Cet état de l'eau n'existe pas naturellement sur Terre mais il peut être produit en laboratoire sous des pressions de l'ordre de 70.000 bars, ce qui correspond à la pression d'une colonne d'eau d'environ 700 kilomètres.

Selon l'OFXB, la découverte montre pour la première fois que des planètes composées d'eau existent à faible distance de leur étoile. Dès lors, certaines d'entre elles pourraient posséder une atmosphère moins chaude, qui permettrait la présence d'eau liquide.

Les résultats de l'étude ont été envoyés pour publication à la revue européenne "Astronomie et Astrophysique". AP

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21 avril 2007

Un chocolat fondu est plus excitant qu'un baiser



LONDRES (AFP) - Un chocolat fondu dans la bouche fait plus d'effet qu'un baiser langoureux, ont conclu lundi des scientifiques après avoir comparé l'activité cérébrale et cardiaque de couples se livrant aux deux exercices.

L'étude montre que même le plus passionné des baisers ne peut égaler la sensation laissée par le chocolat dans le palais. "Ces résultats nous ont vraiment surpris et intrigués", a déclaré le psychologue David Lewis, qui a mené cette recherche. "Nous attendions que le chocolat, spécialement le chocolat noir, augmente le rythme cardiaque parce qu'il contient des substances fortement stimulantes, mais la durée de cette hausse et l'intensité de ses effets sur l'esprit est quelque chose qu'aucun d'entre nous n'avait prévu", a-t-il expliqué. Au moment où le chocolat commence à fondre dans la bouche, le cerveau est stimulé avec une intensité bien supérieure à celle induite par l'excitation du baiser, et ce pour une période jusqu'à quatre fois plus longue, selon les conclusions de l'étude. Le chocolat fait aussi s'accélérer le rythme cardiaque, les battements pouvant passer de 60 au repos à 140 après consommation. Un baiser fait aussi battre le coeur, mais l'effet est bien plus court, constate aussi cette recherche.

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Quelques nouvelles de l'écologie

Une personne effectuant un vol aller-retour Londres-New York produit une quantité de CO2 a peu près équivalente a celle générée par une famille européenne moyenne pour chauffer son logement pendant un an.


Les étés torrides sur l'Europe de l'Ouest sont toujours précédés par des hivers secs dans le nord de la Méditerranées occidentale. Une situation rencontrée cet hiver, et qui pourrait annoncer une canicule.

PS : ce n'est qu'une hypothèse, pas une prévision. Un élément augmentant la probabilité d'une canicule.


Eolienne

Le village olympique des JO de 2012, qui auront lieu a Londres, sera alimente en électricité grâce a une éolienne de 120 mètres de hauteur implantée dans l’est de la capitale britannique. L'électricité produite pourra alimenter l’équivalent de 1 200 foyers, assure le Comité d’organisation, qui supervisera la construction de cette infrastructure.



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08 avril 2007

Disparition des abeilles aux USA

vendredi 6 avril 2007, 20h01
Disparition massive et mystérieuse des abeilles aux Etats-Unis
Par Jean-Louis SANTINI



WASHINGTON (AFP) - L'inquiétude grandit chez les apiculteurs américains après la disparition mystérieuse de millions d'abeilles ces derniers mois.

Cette hécatombe menace la production nationale de miel et nombre de récoltes qui dépendent du rôle clé de pollinisation joué par ces insectes. Les pertes d'abeilles vont de 30 à 60% en Californie et dépassent 70% dans certaines régions de la côte est et au Texas. Au total 24 Etats sont touchés ainsi que deux provinces canadienne, selon des estimations du département américain de l'Agriculture (USDA). Une dépopulation d'une ruche allant jusqu'à 20% pendant l'hiver est considérée normale mais au-delà, les apiculteurs s'émeuvent d'autant que les colonies d'abeilles domestiques sont en constante diminution depuis 1980 aux Etats-Unis. Selon l'USDA, il y a actuellement 2,4 millions de ruches dans le pays, une baisse de 25% depuis le début des années 80 tandis que le nombre d'apiculteurs professionnels a été divisé par deux pendant la même période. L'ampleur de cette dernière vague massive de disparition d'abeilles jugée sans précédent a conduit la filière apicole américaine à demander l'aide du Congrès lors d'une récente audition à Washington. "Environ 40% des abeilles de mes 2.000 colonies sont mortes et c'est la plus forte mortalité observée dans mes 30 ans de carrière d'apiculteur", a expliqué la semaine dernière à une sous-commission agricole de la Chambre des représentants, Gene Brandi, président du groupement des apiculteurs de Californie. Les abeilles domestiques sont essentielles pour la pollinisation de plus de 90 variétés de fruits et légumes (pommes, avocat, myrtilles, cerises, ...), des récoltes estimées à 15 milliards de dollars par an dont six milliards pour la Californie seule, a-t-il souligné. La culture d'amandes dans cet Etat engendre deux milliards de dollars de revenus et dépend de 1,4 million d'essaims d'abeilles amenées tous les ans de partout aux Etats-Unis par des apiculteurs, a précisé Gene Brandi. Diana Cox-Foster, professeur d'entomologie à l'université de Pennsylvanie (est) a expliqué devant la même sous-commission que ce nouveau trouble de dépopulation massive des ruches baptisé CCD en anglais (colony collapse disorder) présente des symptômes uniques, différents de ceux observés dans les infestations fréquentes par le parasite varroa jacobsoni, un acarien qui détruit les larves. Dans le cas du CCD, les colonies d'abeilles domestiques saines se dépeuple soudainement laissant peu ou aucune abeille survivante, a-t-elle dit. Les reines --une par ruche et qui assurent la reproduction--, sont trouvées avec une poignée de jeunes abeilles adultes en présence de réserve importante de nourriture. Il n'y a jamais de cadavre d'abeille à l'intérieur de la colonie ou à proximité à l'extérieur. Le fait que d'autres abeilles ou des parasites mettent très longtemps à venir s'installer dans les ruches vidées par le CCD laisse penser à la présence d'un produit chimique ou d'une toxine qui décourage ces insectes, selon Diana Cox-Foster. Enfin, a souligné cette entomologiste, les abeilles trouvées dans les colonies dévastées par ce mystérieux fléau, étaient toutes infectées avec une multitude de micro-organismes, dont un grand nombre est connu pour être responsables de maladies communément liées au stress chez ces insectes. Les scientifiques qui se penchent sur le CCD avancent l'hypothèse de l'émergence d'un nouveau pathogène ou d'un produit chimique qui affaiblirait le système immunitaire des abeilles, a-t-elle dit. Ils soupçonnent surtout les insecticides agricoles comme les néonicotinoïdes très utilisées et dont la toxicité pour les abeilles est bien connue, a relevé l'entomologiste. La France a connu un cas de dépopulation brutal des abeilles dans les années 90 attribué à l'insecticide Gaucho qui a été interdit dans le pays.

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03 avril 2007

Batterie à air !

Des chercheurs de l'Université d'Oxford à Londres, ont annoncé le développement d'une batterie à combustible « bio » utilisant simplement de l'air auquel on a ajouté un peu d'hydrogène.

Cette batterie représente donc une alternative du fait qu'elle est très bon marché à fabriquer et qu'elle fait appel à une énergie renouvelable. Les résultats de leurs recherches ont été annoncés durant la 233e édition de l'American Chemical Society.

Batterie de bactérie

Les électrodes de la batterie en question sont couvertes d'hydrogénases qui sont des enzymes que l'on trouve chez des bactéries. En l'occurrence, l'enzyme utilisée vient du Ralstonia metallidurans, une des premières bactéries qui seraient apparues il y a 2,5 milliards d'années.

Ces enzymes catalysent la conversion des protons (particule subatomique contenant une charge électrique) en dihydrogènes. A titre d'information, les hydrogénases ont été découvertes dans les années 1930 et ont toujours été associée à des recherches « d'énergie propre ».

Cette batterie est censée fonctionner avec de l'air auquel on ajoute 3 % d'hydrogène, ce qui reste donc en dessous de la barre des 4 % où l'hydrogène devient un explosif potentiel.

C'est d'ailleurs la première fois que des chercheurs arrivent à exploiter ce genre de batterie tout en restant en dessous de la barre des 4 %. L'autre défi était de développer des hydrogénases capables de résister à l'oxygène. C'est pour cela que les chercheurs ont fait appel à cette bactérie en particulier.

Une batterie à faible puissance

Les prototypes en démonstration alimentaient des montres et autres petits outils électroniques. Si les chercheurs voient un fort potentiel d'évolution dans ce domaine, ils limitent la batterie à air à des appareils demandant une faible puissance. Oxford a opposé sa technologies aux batteries à combustible utilisant du platine. En plus de dénoncer le prix du platine, elle pointe du doigt le fait qu'une batterie fonctionnant avec des hydrogénases ne rejette pas du monoxyde de carbone contrairement à la version utilisant en platine.

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02 avril 2007

On a trouvé la boussole du pigeon

On a trouvé la boussole du pigeon

            

Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences, le                29/03/2007 à 13h14

            

                                                                                  
            
            

Comme on le suppose depuis longtemps, les pigeons voyageurs utilisent le champ magnétique terrestre pour s’orienter. L’organe sensible a été trouvé : il se trouve dans le bec.

De nombreuses expériences ont montré que les pigeons savent d’une manière ou d’une autre déterminer l’orientation du champ magnétique terrestre. Des aimants installés sur ces oiseaux perturbent fortement leur retour au pigeonnier et la présence de magnétite (un oxyde de fer) a été détectée dans le crâne. Mais personne n’avait pu jusque-là comprendre comment fonctionnait ce sixième sens.

Une équipe de chercheurs allemands affirme tenir la réponse. L’organe sensible ne serait pas situé dans la boîte crânienne mais dans la peau qui recouvre la partie supérieure du bec, à la base de celui-ci. A cet endroit, des analyses en spectrométrie X effectuées au synchrotron de Hambourg ont révélé la présence de particules magnétiques disséminées dans une structure nerveuse complexe, tridimensionnelle et symétrique de part et d’autre du bec. Une étude histologique fine a permis de déterminer l’origine et la nature de ces particules.

Une boussole en forme d’arbre

Sous la peau, une série de cellules nerveuses (des axones) portent une arborescence de terminaisons nerveuses, les dendrites. C’est à l’intérieur de ces dernières qu’ont été trouvées des particules d’oxydes de fer. A 90 %, il s’agit de maghémite (une variante de la magnétite) et à 10 % de magnétite. Ces particules sont enfermées dans trois types de compartiments subcellulaires. Pour les auteurs, la présence de ces deux matériaux légèrement différents (la maghémite et la magnétite) ainsi que la disposition spatiale de l'ensemble expliqueraient la sensibilité.

Quand les structures longilignes chargées de maghémite sont alignées par rapport au champ magnétique terrestre, les particules de magnétite seraient attirées perpendiculairement à la membrane cellulaire. Avec une ramification de dendrites précisément organisée, cet organe pourrait déterminer la direction du champ dans les trois dimensions, y compris, donc, avec sa composante verticale, une valeur que les boussoles ne donnent pas.

Il reste encore du travail à faire pour percer tous les secrets des pigeons voyageurs, car ces navigateurs hors pair ne se privent de faire appel, on le sait aussi, à d’autres techniques : mémorisation de repères au sol, mesure de la position du soleil et même le sens olfactif. Toutes ces méthodes sont utilisées, avec des proportions diverses, par d’autres animaux, oiseaux migrateurs, insectes, mammifères marins, saumon, etc.

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30 mars 2007

Miracle ?

vendredi 30 mars 2007, 14h38
"J'étais malade, maintenant je suis guérie", déclare Soeur Marie Simon-Pierre


AIX-EN-PROVENCE (AFP) - La religieuse française qui attribue sa guérison de la maladie de Parkinson à l'intercession du pape défunt Jean Paul II, a raconté vendredi à Aix-en-Provence son rétablissement, laissant à l'Eglise le soin d'apprécier s'il y a eu miracle ou pas.

"J'étais malade et maintenant je suis guérie. C'est à l'Eglise de se prononcer et de reconnaître si c'est un miracle", a déclaré Soeur Marie Simon-Pierre, 46 ans, très émue mais souriante sous son court voile blanc, face à une forêt de caméras, lors d'une conférence de presse à la maison diocésaine d'Aix. "Je suis guérie, c'est l'oeuvre de Dieu, par l'intercession de Jean Paul II. C'est quelque chose de très fort, de difficile à expliquer avec des mots", a-t-elle ajouté se disant "toujours habitée" par un verset de l'Evangile de Saint-Jean: "si tu crois, tu verras la gloire de Dieu". La religieuse de l'Institut des petites Soeurs des maternités catholiques travaillait à la maternité de l'Etoile à Puyricard, près d'Aix, lorsqu'on l'avait diagnostiquée en 2001 (bien 2001) atteinte de la maladie de Parkinson. Elle a raconté vendredi comment après la mort du pape, le 2 avril 2005, son état s'était aggravé. Toute sa communauté avait alors prié sans relâche pour elle par l'intermédiaire de Jean Paul II, avant sa guérison soudaine dans la nuit du 2 au 3 juin 2005, a-t-elle dit. Le lendemain, après le petit déjeuner, a-t-elle rapporté vendredi, elle croise une soeur qui l'avait beaucoup accompagnée: "Je lui ai dit en lui montrant ma main gauche: regarde elle ne tremble plus. Jean Paul II m'a guérie". Elle cesse de prendre ses traitements le 3 juin 2005 à midi. "Depuis, je ne prends plus aucun traitement. Ma vie a totalement changé. Pour moi, c'est un peu comme une seconde naissance", a-t-elle dit. La religieuse qui travaille aujourd'hui comme infirmière à la maternité parisienne Sainte-Félicité, s'est refusée à donner des précisions sur son identité, se disant simplement l'aînée d'une famille catholique pratiquante de cinq enfants et originaire du diocèse de Cambrai (Nord). Après l'ouverture du procès en canonisation de Jean Paul II, sa supérieure a écrit à Rome pour relater son cas, a-t-elle expliqué. Le diocèse d'Aix-en-Provence a conduit un "procès informatif", clôturé le 23 mars après un an d'audiences en présence d'un neurologue avec l'aide de plusieurs experts dont un psychiatre expert auprès de la Cour de cassation, a expliqué le père Luc Marie Lalanne, juge délégué de l'archevêque d'Aix Mgr Claude Feidt. Les actes du procès sur la guérison doivent être transmis à la Congrégation pour la cause des saints au Vatican qui décidera s'il faut les transmettre à Benoît XVI afin qu'il se prononce sur le caractère miraculeux de cette guérison.

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27 mars 2007

Une mutation salvatrice

Une mutation salvatrice

Par Destination Santé  

Etonnante découverte ! Grâce à des recherches menées sur la souris, un couple de chercheurs américains a montré que le cancer colorectal pourrait être « supprimé » -ni plus ni moins- en provoquant une mutation génétique.

 

A Philadelphie, Linda Siracusa et Arthur Buchberg ont démontré qu'une mutation sur une seule copie du gène ATP5a1 diminue de 90% le nombre des polypes colorectaux. Cette découverte déboucherait sur des moyens de dépistage, de prévention voire de traitement du cancer colorectal.

 

Lequel rappelons-le, est le plus fréquent des cancers. En France chaque année plus de 36 000 nouveaux cas sont diagnostiqués, et la maladie provoque près de 16 000 morts. Ce qui fait du cancer colorectal la deuxième cause de décès par tumeurs.

 

Source : Genome Research, 21 Mars 2007

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22 mars 2007

Fabriquer du biocarburant en recyclant le gaz carbonique

Un nouveau concept de carburant automobile issu de la biomasse pourrait rendre les États-Unis autosuffisants.

 

DES CHERCHEURS américains viennent d'imaginer un procédé permettant de produire, à partir de biomasse végétale, suffisamment de carburant pour couvrir la totalité des besoins des États-Unis dans le do­maine des transports, évalués à 13,8 millions de barils par jour, soit 16 % de la consommation mondiale de pétrole.

 

Dans un article publié aujourd'hui dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (Pnas), Rakesh Agrawal et ses collègues de l'université Purdue, à West Lafayette (Indiana), estiment qu'il est possible d'atteindre cet objectif dans « un avenir prévisible » en améliorant les techniques « biomass to liquid » (BTL) déjà expérimentées dans un certain nombre de pays. Ces filières sont prometteuses, mais elles génèrent pour le moment d'importantes quantités de CO2, principal responsable de l'effet de serre.

 

Le principe consiste à synthétiser des hydrocarbures liquides utilisables dans les moteurs diesel à partir d'hydrogène et de monoxyde de carbone obtenus après « gazéification » de matière végétale. Cette réaction chimique, baptisée Fischer-Tropsch, du nom de ses inventeurs, s'applique également au charbon (coal to liquid) ou au gaz naturel (gas to liquid). Rien à voir en tout cas avec le bioéthanol issu d'amidon de maïs ou de sucre de betterave, par voie enzymatique.

 

Problème : les procédés BTL conventionnels sont de très gros consommateurs de biomasse. Et s'il s'agit de substituer ces nouveaux carburants à tout le pétrole consommé par les véhicules circulant aux États-Unis, « la superficie agricole du pays n'y suffirait pas » constatent les auteurs. Sans parler des émissions de gaz à effet de serre : près des deux tiers de la matière carbonée de départ, qu'il s'agisse de biomasse ou de charbon, sont perdus sous forme de CO2 lors de la phase de liqué­faction !

 

Nombreux avantages

 

Pour sortir de l'impasse, Rakesh Agrawal et ses collègues proposent ni plus ni moins que de recycler ce gaz carbonique, dans le gazéificateur, en le faisant réagir avec de l'hydrogène produit dans une unité séparée à partir d'énergie solaire, éolienne ou nucléaire. Autrement dit des filières renouvelables, pour les deux premières, et ne reposant pas sur la combustion du carbone.

 

Baptisé H2-CAR, le procédé présente de nombreux avantages. Tout d'abord, les émissions de CO2, lors de la synthèse du carburant, sont nulles. Et le gaz carbonique émis lors de la combustion du moteur équivaut à celui absorbé préalablement par la plante pendant sa période végétative. Cette absence de rejet de CO2 (et donc de perte de carbone) permet en outre de fabriquer la même quantité de carburant avec 60 % de biomasse en moins au départ, comparé aux procédés BTL classiques. Ce qui permet d'« économiser » des superficies énormes ! D'après les calculs des chercheurs, l'autosuffisance en carburant automobile pourrait être atteinte en consacrant seulement 10 % de la surface agricole des États-Unis, à des cultures dédiées à la production de biomasse, comme le panic (Panicum virgatum), une très belle graminée utilisée en Europe comme ­plante d'ornement. Ce qui corres­pondrait à la production de 1,4 milliard de tonnes de biomasse sèche par an. À titre indicatif, les résidus agricoles et forestiers (paille, bois) générés chaque année aux États-Unis sont estimés à 1 milliard de ­tonnes.

 

Enfin contrairement à d'autres solutions alternatives, comme l'électricité, le gaz ou l'hydrogène, les carburants BTL peuvent être distribués à travers les infrastructures existantes, sans qu'il soit nécessaire de créer un réseau spécifique. Ce qui faciliterait bien évidemment la phase de transition.

 

Après l'exposé de ce principe séduisant, le défi est maintenant d'ordre industriel : mettre au point des méthodes de production d'hy­dro­gène et de recyclage du CO2 ­viables.

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18 mars 2007

Mais transgénique toxique

Forts soupçons de toxicité sur un maïs OGM

   

LE MONDE | 13.03.07 |

utorisé à la mise sur le marché en France et en Europe, le MON 863, un maïs transgénique conçu par Monsanto, est depuis plus de deux ans au centre d'une polémique sur son innocuité (Le Monde du 23 avril 2004). Ces débats pourraient reprendre après la publication, mardi 13 mars, dans la revue Archives of Environmental Contamination and Toxicology, d'une étude suggérant une toxicité de cet organisme génétiquement modifié (OGM) pour le foie et les reins.

Selon ces travaux, la consommation de maïs MON 863 perturbe plus ou moins fortement, chez le rat, de nombreux paramètres biologiques : poids des reins, poids du foie, taux de réticulocytes (jeunes globules rouges), de triglycérides, etc. La chimie urinaire est également modifiée, avec des réductions de sodium et de phosphore excrété pouvant aller jusqu'à 35 %. Les effets varient selon le sexe des animaux. "Chez la femelle, on observe une augmentation des graisses et du sucre dans le sang, une augmentation du poids du corps et du poids du foie par rapport au poids du corps, le tout associé à une plus grande sensibilité hépatique, dit M. Séralini, principal auteur de cette étude et par ailleurs président du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen). Chez le mâle, c'est le contraire, avec une chute du poids du corps et des reins."

Les auteurs de ces travaux ont utilisé les données tirées d'une expérience commanditée par Monsanto, qui a porté sur l'étude de 400 rats pendant 90 jours. Le traitement statistique appliqué à ces données par les experts de la firme agrochimique avait été publié, en août 2005, par Food and Chemical Toxicology. Ces travaux avaient bien mis en évidence des variations significatives de paramètres biologiques entre les animaux nourris au maïs MON 863 et ceux nourris avec son isogène - la même variété végétale, mais non modifiée génétiquement.

Les chercheurs de Monsanto avaient pour leur part conclu que ces écarts entraient dans le cadre de la variabilité naturelle des paramètres mesurés. Les effets produits par l'OGM n'avaient ainsi pas été considérés comme pathologiques. Quant à la "variabilité naturelle", elle avait été établie en mesurant les mêmes séries de données sur des rats nourris avec d'autres variétés de maïs non OGM, aux vertus nutritives différentes du maïs MON 863 et de son isogène.

Les données expérimentales brutes - plus d'un millier de pages - ont été tenues confidentielles par la firme agrochimique jusqu'à ce que Greenpeace en obtienne la publicité au printemps 2005, devant la cour d'appel de Münster (Allemagne).

Le Criigen a ainsi pu les examiner en détail et leur appliquer un nouveau traitement statistique. Celui-ci a notamment consisté, selon M. Séralini, à extraire des données brutes les effets les plus significatifs spécifiquement imputables à l'absorption de l'OGM.

"Sur les 58 paramètres mesurés par Monsanto, précise le chercheur, tous ceux qui sont altérés concernent le fonctionnement des reins ou du foie." "En outre, Monsanto avait considéré que, puisque les mâles et les femelles réagissaient différemment, il n'y avait pas matière à inquiétude, poursuit M. Séralini. Or le foie, par exemple, est un organe qui réagit différemment en fonction du sexe." De même, le fait que la réponse biologique mesurée ne soit pas toujours en adéquation avec la dose d'OGM reçue avait été interprété par les experts du semencier comme la preuve que le maïs transgénique testé n'était pas en cause. Un principe que conteste M. Séralini : "Lorsque les perturbations sont hormonales, par exemple, l'effet peut ne pas être proportionnel à la dose", dit-il.

Le toxicologue Gérard Pascal, membre, comme M. Séralini, de la Commission du génie biomoléculaire, juge erronées certaines conclusions du Criigen. "Je récuse l'analyse des courbes de poids des animaux, menée sans tenir compte de leur alimentation, dit M. Pascal. Mais je suis d'accord sur le fait que les réponses biologiques peuvent varier entre mâles et femelles et sur le principe qu'on ne doit comparer les effets d'un maïs OGM qu'avec son isogène, sans tenir compte des effets produits par d'autres variétés de maïs conventionnel."

Selon M. Pascal, l'inadéquation entre dose d'OGM reçue et effets constatés sur les paramètres hépatiques disqualifie les conclusions de toxicité pour le foie. "Des différences significatives au niveau du poids des reins" et "les variations de sodium, de phosphore et de potassium urinaire" évoquent bien, elles, un effet rénal. "Mais, rappelle M. Pascal, la CGB avait poussé, à ma demande, les investigations sur les reins et n'avait trouvé en définitive aucune preuve de toxicité" (Le Monde du 15 décembre 2004). "Reste les variations des taux de réticulocytes et d'éosinophiles (globules blancs), ajoute M. Pascal. Cela, je ne sais pas l'interpréter, mais ce sont des paramètres qui bougent beaucoup dans les expérimentations." Pour M. Pascal, les éléments apportés par le Criigen ne sont pas de nature à remettre en cause les avis favorables délivrés au MON 863. "Il ne s'agit là que d'une interprétation personnelle", ajoute le toxicologue.

Les travaux du Criigen ont été financés par Carrefour et Greenpeace, mais, justifie M. Séralini, "il n'existe aujourd'hui malheureusement pas de budgets publics pour mener ce genre de travaux". Situation d'autant plus dommageable que, selon M. Séralini, "il faudrait refaire toute l'étude toxicologique en tenant des dosages hormonaux" et, surtout, poursuivre les tests bien au-delà de 90 jours, et sur d'autres espèces que le rat, pour pouvoir trancher.


Stéphane Foucart

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